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Revue de presse

Journal du Dimanche – 26 février 2017

Singulier Château Malherbe

par Guillaume Rebière

 

Ce domaine unique en Côtes de Provence cultive des blancs et des rouges de haut vol. Même ses rosés ne sont pas comme les autres

C’est un domaine de carte postale dont les vignes se fondent dans la ligne d’horizon intense de la Méditerranée. À la pointe du cap Bénat, Château Malherbe pourrait se contenter de ce tableau idyllique entre terre et mer. C’est d’abord un grand vin de Provence, rosé forcément. mais surtout des blancs et des rouges parmi les plus réputés de la région. Le paysage s’éclipse et parle le terroir : celui de la Pointe du Diable, en front de mer sur un sol sablonneux ; celui de Malherbe proprement dit, planté en coteaux sur un sol argilo-schisteux. En tout 26 ha dont une vingtaine en production. « Nous nous sommes faits connaître avec nos blancs, avant de nous intéresser aux rouges il y a quinze ans. Cela fait de Château Malherbe un domaine unique qui ne suit pas la mode du rosé. Chez nous d’ailleurs, c’est plutôt un rosé de saignée», affirme son propriétaire Sébastien Ferrari.

Pas d’esbroufe chez lui : quand un patron s’offre un vignoble pour afficher sa réussite, ce prospère fabricant isérois de matériaux composites (160 millions d’euros de chiffre d’affaires) poursuit à Malherbe le travail de quatre générations. L’ancienne ferme du Fort de Brégançon – la citadelle a contribué longtemps à protéger militairement la rade de Toulon – est entrée dans la famille en 1935. Trente ans plus tard, elle est convertie en une exploitation viticole à part entière et commercialise ses premières bouteilles. Sébastien prend la relève de sa mère en 2004 en investissant dans la rénovation du vignoble et du chai. « Notre but est de rester exemplaire, assure-t-il. Depuis cinquante ans, nous n’avons pas utilisé le moindre litre de désherbant.»

Trois blancs et un rouge

Toutes les pratiques sont à l’avenant: faibles rendements de 35 hl à l’hectare, vendanges exclusivement manuelles et réalisées à maturité, élevage sur lies fines pour les blancs et les rosés, en foudres pour les rouges… Un signe de plus de la singularité de Malherbe, la complantation ou le·remplacement des pieds déficients dans les vieilles vignes pour améliorer la qualité des parcelles. La pratique est ancienne, en Alsace ou en Bourgogne, mais non appliquée en Provence.

Derrière le flaconnage noir orné du cachet de cire rouge qui fait son identité, Château Malherbe propose actuellement trois blancs sémillon-rolle : une cuvée 2015, une 2014 dite d’octobre vendangée tardivement et qui concentre le meilleur du terroir, un grand blanc 2013 de gastronomie élevé jusqu’à vingt-quatre mois. En rouge, la Pointe du Diable 2013 est un assemblage syrah-grenache avec un apport (20 %) de cabernet-sauvignon, qui donne une touche soyeuse, pas très Provence, à ce vin vif.

« Aujourd’hui, la répartition de notre production est à peu près égale entre rosés, rouges et blancs, insiste Sébastien Ferrari. Nous avons depuis longtemps la réputation d’une grande maison de blancs, nous voudrions devenir un grand domaine en tout. »

JDD malherbe février 2017