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Revue de presse

L’Express – Numéro spécial Vins et Champagnes – Juin 2016

By juillet 8, 2016 No Comments

Château Malherbe, bonne pousse du Var

Sébastien Ferrari a fait une référence régionale de sa vigne côtière. Ses vins bio sont fins et iodés, intenses et minéraux.

L’adresse postale sonne comme une invitation : route du Bout du Monde. Il flotte dans l’air un parfum fitzgéraldien. Le chant des cigales et le craquement des pignes qui éclatent sous le soleil vous accompagnent jusqu’à la pointe du cap Bénat. À quelques encablures du fort de Brégançon, le Château Malherbe ressemble à un Eden préservé. À l’origine, ce n’était qu’une ferme de la citadelle lorsque son rôle consistait à protéger la rade de Hyères des intrusions ennemies. Aujourd’hui, ses vignes s’étirent en pente douce vers la Méditerranée. Sébastien Ferrari, qui préside aux destinées du domaine depuis une dizaine d’années, peut remercier son arrière-grand-père Louis Ferrari, industriel isérois du textile, d’avoir choisi un beau jour de 1935 ce petit coin de paradis comme lieu de villégiature pour la famille. Malherbe est alors un domaine à vocation plutôt agricole. Ce n’est qu’à partir de 1964 que Mireille et Serge Ferrari, héritiers de la troisième génération, transforment la propriété en exploitation viticole et imposent la mise en bouteille de la production.
Sébastien incarne la quatrième génération. PDG de l’entreprise de textile technique créée par son père Serge, il souhaite donner à Malherbe l’ampleur que mérite sa situation unique, non loin du clos Mireille. Sous sa houlette, l’ancien bâtiment du XVIe siècle à la façade jaune, flanqué de son ancien potager, est redevenu le symbole de l’art de vivre méridional. Quant au vignoble cultivé en bio, il est l’un des meilleurs de ce coin de Provence. Sur les 25 hectares de vignes, les nuances géologiques et climatiques ont permis d’isoler deux grands ensembles qui, vinifiés séparément, donnent deux gammes de vin au style bien marqué. Au plus près de l’eau, les parcelles de la Pointe du Diable plantées il y a cinquante ans par ses parents reposent sur un terroir d’alluvions sableuses mêlées d’éclats de quartz. Elles donnent des vins fins et dotés d’une touche iodée rafraîchissante.
Plus en retrait du rivage, Malherbe occupe les courbes géologiques où se mélangent argile et schistes bleus. Les vins y sont plus intenses et minéraux. Conduit par Arnaud Ferrier, directeur technique depuis 2006, le vignoble fait l’objet d’un travail de fond : les parcelles sont rénovées par complantation et un labour profond a été entrepris.
Les vendanges sont manuelles et le rendement n’excède pas 35 hl/ha. Par la forme de ses bouteilles de verre sombre (qui protège le nectar de la lumière), marquées d’un sceau de cire rouge indiquant le millésime, Malherbe se démarque de la concurrence. Le domaine cultive sa différence en produisant à parts égales les trois couleurs, quand la Provence se consacre à 85 % au rosé. En cave, les vinifications sont parcellaires. Toutes les cuvées en rosé comme en blanc sont élevées sur lies fines. Élevage en demi-muids pour le Malherbe blanc (sémillon et rolle) et en foudres de chêne pour Malherbe rouge (syrah, grenache, mourvèdre). Quant aux rosés et aux blancs de la Pointe du Diable, ils sont élaborés en cuve en inox pour garder le fruit intact. « Nos vins sont mis en bouteille plus tardivement que la plupart des côtes-de-provence, explique Sébastien Ferrari. Le rosé n’est pas notre seule préoccupation. Il laisse une place à nos blancs historiques et à des rouges élevés avec beaucoup de précision. »
Autre singularité du lieu, le Malherbe rosé vinifié par saignée n’est jamais meilleur qu’au bout de deux ou trois ans. Un vrai rosé de gastronomie !
Château Malherbe, domaine viticole familial - l'express juin 2016
château Malherbe - cuvée Pointe du diable rosé 2015 - magazine l'express
Château Malherbe, domaine viticole familial - l'express juin 2016